Prolongation des jours de vote : « Ce que Denis Kadima a fait c’est l’excès du pouvoir. J’invite les candidats à saisir la justice pour l’annulation des élections » (Moussa Kalema/FCC)

« Qui a donné au président de la CENI le pouvoir de proroger les jours du vote ? Il n’a pas ce pouvoir. Il n’a pas respecté la Constitution », a réagit Moussa Kalema au cours d’une interview exclusive accordée au NOUVEAUMEDIA.CD.

Ce cadre du Front Commun pour le Congo (FCC/Kabila) balaye d’un revers de la main la justification de Denis Kadima sur la prolongation des jours du vote.

« Tous les Congolais ont droit de voter, mais tous les Congolais ne sont pas obligés de voter », répond Moussa Kalema.

Et d’expliquer : « En même temps la même loi vous dit qu’ils doivent voter le même jour soit de 6 à 17 heures. C’est la même Constitution, il ne faut pas prendre les articles de manière sélective. Il faut respecter la Constitution dans la lettre et dans l’esprit. On ne peut pas se réveiller et proroger les jours des élections. Même le chef de l’État ne fera pas ça ».

Moussa Kalema est d’avis que les candidats ont pleinement droit à saisir la justice contre le président de la CENI.

« Ce que le président de la CENI a fait c’est l’excès du pouvoir. C’est pourquoi nos demandons les parties prenantes de saisir les instances judiciaires. Je les conseille de saisir le Parquet Général pour s’attaquer aux infractions électorales décelées à travers le pays dans le cadre des infractions pénales », invite t-il.

« Mais ils peuvent aussi saisir le Conseil d’État pour l’excès du pouvoir. C’est cet organe qui examinera si Denis Kadima avait le pouvoir de proroger l’élection de 2, 3, 4 voire 5 jours. Est-ce qu’il en a le pouvoir ? Et je ne vois pas ce juge qui vit dans ce pays et qui va s’hasarder à faire plaisir à qui que ce soit et dire que le président de la CENI avait droit. Il va plutôt constater qu’il y a eu abus du pouvoir », a ajouté Moussa Kalema.

Et bien attendu, a-t-il poursuivi, les candidats présidents de la République et députés ou les citoyens congolais peuvent se saisir la Cour constitutionnelle pour exiger l’annulation des élections.

Moussa Kalema n’a pas déposé sa candidature à la députation nationale « pour des raisons politiques profondes ».

« Nous du FCC on s’est abstenu parce que les choses allaient déjà mal. La mise sur pied de la Cour constitutionnelle était à la base de la rupture entre le FCC et CACH. L’investiture de Denis Kadima à la CENI a posé un véritable problème. Nous savions qu’il aura des problèmes mais nous ne savions pas que les problèmes seront de cette ampleur. On a vu l’implication de l’armée dans les scrutins, les bourrages des urnes, le vote à domicile… », s’est-il expliqué.

Rachidi MABANDU 

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