Moussa Kalema (FCC) : « Félix Tshisekedi doit réfléchir deux fois pour ne pas emprunter la voie de la confrontation » (Interview)

Les déclarations faites par les uns et les autres suite au disfonctionnement des élections du 20 décembre fait réagir Moussa Kalema. Cadre du Front Commun pour le Congo (FCC/Kabila) reste fidèle à la ligne fixée par sa famille politique et n’a pas été candidat. Ce qui ne lui empêche pas d’interpeller le chef de l’État sur les conséquences qui peuvent découler de la crise née des élections bafouées. Interview.

Comment jugez-vous les dernières élections organisées par la CENI?

Je n’ai pas beaucoup à dire parce que tout a été dit. Aujourd’hui les actes sont là. Ces élections ont été une affabulation, une monstruosité jamais égalées dans l’histoire des élections du 21è siècle. C’était une véritable farce. Je n’ai jamais vu ça, mais c’était prévisible parce que nous (FCC) autres nous avons opté pour ne pas participer. Donc nous ne sommes pas parties prenantes.

Présentement que faire alors?

A ce stade, à dire vrai, même pour eux (Union sacrée), -parce que les voies se sont levées dans tous les camps politiques-, la solution serait d’annuler carrément les élections. Il n’y a pas autre chose à faire. Quand, par exemple, à Masamuna (Masi-Manimba/Kwilu) quelqu’un détient chez lui 20 machines à voter et on vote pendant 4 jours imaginer la conséquence.

Annuler les élections…et après ? Qu’est-ce qui pourrait arriver ?

Ça dépendra des acteurs politiques majeurs. On peut constater que le pouvoir avait des limites à organiser les élections. Et la plus grande conséquence doit être la démission du bureau de la CENI. Denis Kadima avec ces genres d’élections pouvait enflammer le pays. Moi j’ai peur, je suis inquiet quand je suis les déclarations des et des autres. Quand j’attend les Katangais dire que nous devons résister à l’armée, les Kasaïens à leur tour déclarent que nous devons défendre notre pouvoir, quand j’attends des gens appeler au meurtre contre les chrétiens…nous sommes dans quel pays ? Même sous Joseph Kabila on a pas vu des choses pareilles. Nous sommes un peuple, nous devons vivre unis.

Quel serait, selon vous, le rôle du chef de l’État face à cette situation de crise ?

C’est le chef de l’État qui en portera la responsabilité parce qu’il est le garant de la Nation. Joseph Kabila en son temps l’a fait. Pour sauver le pays, il a accepté de partager le pouvoir avec 4 vice-présidents de la République. Il s’est effacé au profit de la République. Moi je pense que Félix Tshisekedi doit réfléchir deux fois pour ne pas emprunter la voie de la confrontation qui sera, peut-être, en faveur d’un individu et non profitable pour l’ensemble de notre pays.

Une Transition sans ou avec Tshisekedi dans ce cas?

En ce moment là il y a des options à prendre. Est-ce qu’on doit laisser le chef de l’État continuer avec une transition ? Ce sont les acteurs majeurs qui vont décider. S’ils considèrent qu’il ne peut pas le faire, dans ce cas, on ne peut pas inventer la roue. Le pouvoir peut-être donné au président du Sénat pour une transition de 6 mois de manière à organiser les élections un peu crédible.

Que doit faire exactement Félix Tshisekedi pour sauver le pays?

Nous pensons que le chef de l’État doit prendre ses responsabilités pour sauver le pays qui est au bord de l’implosion. Moi ce qui m’inquiète encore ce sont les déclarations qui s’en suivent. Après les déclarations du cardinal Fridolin Ambongo j’ai suivi un audio sur les réseaux sociaux et dans lequel les militants du pouvoir faisaient appel à s’attaquer aux églises catholiques, aux personnes et au meurtre. Moi je crois que le chef de l’État, le garant des institutions, doit sortir de son silence et taper le poing sur la table.

Propos recueillis par Rachidi MABANDU 

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