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17 mai 1997 : Ce qui s’est réellement passé ce jour-là à Kinshasa [TRIBUNE]

17 mai 1997, prise de Kinshasa par les combattants de l’AFDL de LD Kabila, conduits par le Général rwandais Kabarebe. C’était l’aboutissement de la guerre dite de libération, lancée à Uvira en oct. 1996. Mobutu et sa suite avaient abandonné la capitale la veille.

Mais bien avant cette entrée triomphale à Kinshasa, l’AFDL avait déjà infiltré dans la capitale zaïroise des émissaires. Et plusieurs éléments des Forces Armées Zaïroises n’étaient plus prêtes à livrer bataille.

Ces émissaires avaient alors discrètement tracé la voie d’accès dans la capitale pour les troupes de l’AFDL. Selon (entre autres) Colette Breackman, le Docteur Sondji avait mis au point un système de communication qui avait permis de guider les troupes rebelles.

Le bain de sang qu’on craignait voir à Kinshasa n’eût pas lieu; le Général Mahele, tué la veille, aura tout fait (jusqu’à son sacrifice) pour l’empêcher. Ce fut donc une « libération » un peu en douceur.

D’ailleurs l’envoyé spécial du Pdt Clinton (Bill Richardson), ne cessait de rappeler « qu’il fallait un atterrissage en douceur. » Les américains, en prélude à l’entrée de l’AFDL à Kinshasa, auraient discrètement infiltré à Kin des membres des leurs « Special Forces ».

De l’autre rive du majestueux fleuve Zaïre (qui allait redevenir, à ce jour, le fleuve Congo), à Brazzaville, étaient stationnés 3.500 soldats belges, français et américains  (cette guerre était une affaire internationale et non simplement un problème Zaïro-Zaïrois).

Apprenant la nouvelle de la prise de Kinshasa (informé par le Général James Kabarebe) depuis Lubumbashi où il se trouvait, LD Kabila s’autoproclame Président de la République Démocratique du Congo, au grand dam de ses partenaires qui attendaient tout de lui sauf cet acte.

Deux jours après la chute du Zaïre (19 mai 1997), 19 anciens dignitaires Mobutistes se réuniront en Afrique du Sud et créeront une organisation, selon eux, politico-culturelle, pour la reprise du pouvoir au Zaïre…. mais qui ne fera pas long feu.

LD Kabila et ses compagnons de route (qu’il qualifiera plus tard de « conglomérat d’aventuriers ») suscitèrent beaucoup d’espoir, surtout lorsqu’ils restaurèrent l’autorité de l’Etat et firent traduire certains bonzes du nouveau régime devant les cours et tribunaux.

Mais une année après, en désaccord avec ses alliés rwandais, Laurent Désiré Kabila décida de dissoudre l’AFDL dont les aigris ne tardèrent à se retrancher dans l’est du pays où ils créèrent un nouveau mouvement armé, le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD).

Par Benjamin Babunga Watuma

Économiste, Agent de développement (humanitaire et social), passionné d’histoire 

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